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Passion bouffe

Fromages et charcuteries, de l'étiquette à la planche

Une meule de comté qui a passé dix-huit mois sur des planches d'épicéa, un jambon suspendu au séchoir depuis l'hiver dernier : dans cette rubrique, le temps est un ingrédient à part entière. On y apprend à lire une appellation, à ranger un morceau entamé et à composer une planche qui tient la route.

Ce que recouvre la rubrique

Fromages et charcuteries partagent un secret de famille : ce sont d'abord des techniques de conservation, devenues avec le temps des plaisirs de table. Le fromage transforme un lait qui tournerait en quelques jours en une pâte qui se garde des semaines, parfois des années. La salaison fait la même chose avec une cuisse de porc : du sel, de l'air, de la patience, et la viande traverse les saisons sans jamais passer au feu.

Ici, pas de fiches recettes. On s'intéresse à ce qu'il y a derrière l'étiquette : ce que garantit une AOP ou une IGP, ce que change un mois d'affinage de plus, pourquoi un jambon de Parme ne ressemble pas à un serrano, comment un camembert vit sa vie dans un réfrigérateur. Et, parce qu'il faut bien finir à table, comment servir tout cela : à quelle température, en quelle quantité, avec quoi dans le verre.

Les règles citées viennent des cahiers des charges officiels et des recommandations sanitaires publiques. Quand elles changent, les articles suivent.

Cinq mots à comprendre avant de passer au rayon coupe

Lait cru
Un lait qui n'a pas été chauffé au-delà de 40 °C, selon la définition du droit européen. Il garde sa flore d'origine, source d'arômes, mais aussi d'éventuelles bactéries indésirables : les autorités sanitaires déconseillent les fromages au lait cru aux jeunes enfants, aux femmes enceintes et aux personnes fragiles, avec une exception pour les pâtes pressées cuites.
Pâte pressée cuite
La famille du comté, du beaufort ou de l'emmental. Le caillé est chauffé (on dit « cuit ») dans la cuve, puis pressé dans un moule. Il perd beaucoup d'eau, ce qui donne des fromages denses, de grand format et de longue garde.
Affinage
Le séjour en cave pendant lequel le fromage est retourné, frotté, salé, surveillé. Enzymes et micro-organismes y découpent protéines et matières grasses : c'est là que naissent les arômes. Chaque appellation fixe sa durée minimale ; le comté, par exemple, ne sort pas avant quatre mois.
Salaison
La mise au sel d'une viande crue. Le sel tire l'eau hors des tissus et freine les germes. Il n'est pas le même d'une appellation à l'autre : sel gemme des salines de l'Adour pour le jambon de Bayonne, sel marin pour le jambon de Parme.
Séchage
La longue phase qui suit le salage : la pièce perd son eau lentement, dans un air dont on surveille l'humidité et la température. C'est lui qui fait le moelleux, la couleur et le parfum d'un jambon sec, et il se compte en mois, pas en semaines.

Les articles parus

Quatre sujets pour commencer, chacun centré sur une question que l'on se pose vraiment devant l'étal ou devant la porte du réfrigérateur. Chacun s'appuie sur les textes officiels et se lit indépendamment des autres ; d'autres sujets, du côté des charcuteries sèches comme des fromages de montagne, viendront compléter la liste.

Les pièges les plus fréquents, du rayon à la table

Le premier est une affaire de mots. « Façon », « type », « à l'ancienne » : aucune de ces formules ne vaut une appellation. Une AOP ou une IGP se reconnaît à son nom exact et à son logo européen, et c'est son cahier des charges, public, qui dit ce qu'elle garantit. Un jambon simplement dit « cru » ou « sec » peut être très bon, mais il ne promet rien de plus que ce que dit son étiquette.

Le deuxième se joue dans le réfrigérateur : un fromage enfermé dans un film étirable transpire, prend le goût du plastique et moisit plus vite. Le troisième arrive au moment de servir. Un fromage sorti du froid à la dernière minute reste muet, un jambon tranché trop épais devient élastique. Une heure d'avance pour l'un, une lame bien affûtée pour l'autre, et la planche change de visage.

Reste la question du verre. Le rouge n'est pas l'allié automatique du fromage, et bien des blancs s'en sortent mieux : le sujet est traité à part, dans un guide pour marier fromages et vins sans fausse note. Pour les beurres, huiles, miels et autres produits d'origine, direction la rubrique Produits du terroir.

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